Enfidha : Un immense port écologique pour la Tunisie
03/01/2010
Choisi après une sélection minutieuse entre six sites côtiers, Enfidha sera l’un des investissements les plus lourds de notre pays dans le domaine des grandes infrastructures. Il sera aussi le tout premier projet à mettre les critères environnementaux loin devant ceux du commerce, de l’investissement… Le projet dans son intégralité a été, hier, sujet d’une conférence de presse à l’ATCE.
Tunis - Le Quotidien
Le projet du port en eaux profondes d’Enfidha, qui battra tous les records, prend son origine dans le programme présidentiel dont le but est d’organiser la Tunisie en un centre régional et international d’affaires et de services. Il s’inscrit ainsi dans les orientations du XIème Plan de développement qui marquera l’intégration de notre pays dans le commerce international en qualité d’acteur de premier plan. C’est pour cela que la Tunisie a tenu à faire les choses dans les règles de l’art, confiant l’étude à un bureau d’études hollandais de notoriété mondiale qui travaillera en symbiose avec un bureau d’études tunisien et choisissant dès à présent de faire appel à un grand partenaire stratégique pour la réalisation des travaux.
La barre a été également mise très haut dans l’établissement des attributs de ce nouveau port. Il aura ainsi une profondeur de 17 m (les autres ports tunisiens en sont entre 9 et 11 m) capable d’accueillir des navires de 80 mille tonnes (nos ports accueillent aujourd’hui des navires de 28 mille tonnes maximum) … Des zones logistiques s’étendant sur une superficie de 3000 hectares compléteront le tableau pour ouvrir une toute nouvelle catégorie d’activités de toutes sortes.
Priorité des critères environnementaux
Dans leur sélection de site approprié pour ce port, six critères ont été établis pour départager les sites en course (Cap Serrat, El Rimel, Kalaât Al Andalous, Cap-Bon Nord, Enfidha, Skhira). Tous ont été examinés de manière structurée en utilisant les critères que la Tunisie considère comme importants pour la réussite de la construction et de l’exploitation du port. Et là, surprise ! Car ce ne sont pas les critères d’attraction d’investissement ou encore les critères opérationnels qui viennent en tête de ces priorités. De fait, la palme revient aux critères environnementaux qui s’accaparent ainsi un gros 34% en facteur de pondération, prouvant que, pour notre pays, le concept de développement durable n’est pas un vain mot. A la seconde place, nous trouvons évidemment les critères commerciaux (25%) suivis des critères financiers et d’investissement (16%) puis des critères sociaux et économiques (15%) et, enfin, des critères opérationnels (5%) et des critères d’attraction des investissements.
2140 milliards d’investissement
Selon l’étude du projet, les investissements approximatifs prévus pour les différentes phases seront compris dans une fourchette de 960 à 1260 millions de dinars pour la première phase, de 300 MD pour la seconde phase et de 500 à 580 MD pour la phase finale. Au total, le projet coûterait entre 1760 et 2140 millions de dinars. Une première tranche fonctionnelle (vers 2010-2011) permettra le démarrage de l’exploitation beaucoup plus tôt avec une capacité suffisante pour répondre aux demandes du marché avec un investissement, pour cette tranche, estimée entre 660 et 980 MD. Selon M. Mohamed Ben Sala, PDG du Bureau d’étude IDC qui participe à l’étude du projet, la construction de tous les modules du port en eaux profondes d’Enfidha prendre complètement fin en 2030.
Manoubi AKROUT
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